Jeremie Murat (Liligo.com) – « je n’embaucherai pas quelqu’un si je n’ai pas envie d’aller boire un verre avec lui »

Jérémie Murat est CTO chez Liligo.com. Il revient sur les faits qui ont marqué la vie de liligo depuis son arrivée et nous donnera quelques conseils pour réussir efficacement ses recrutements lorsqu’on travaille dans une startup.

Bonjour Jeremie, peux-tu tout d’abord te présenter ?

Bien sûr ! Je suis actuellement CTO chez Liligo, mais je viens d’un tout autre univers. J’ai fais une maîtrise de gestion d’entreprise. A la fin de mes études, j’ai du réaliser mon service militaire mais j’ai fais une objection de conscience qui m’a amené dans un laboratoire de l’université de Grenoble où j’ai pris en charge la partie informatique du laboratoire, c’était en 2000. Ce travail m’a permis de découvrir l’informatique et j’ai décidé par la suite de réaliser un DESS sciences sociales et informatique qui m’ont permis d’avoir à la fois un profil technique et commercial.

A la sortie de mon DESS, j’ai rejoins Kelkoo où j’ai développé les robots « voyage » du comparateur, avant de devenir Team Leader. Puis Kelkoo a été racheté par Yahoo et l’entreprise a rapidement perdu son esprit startup. Je n’accrochais plus. J’ai un ami qui m’a mis en relation avec le CEO de liligo, j’ai décidé de rejoindre l’aventure en 2006.

Racontes nous un petit peu l’histoire de liligo

Je suis arrivé chez ce comparateur de vol au moment de la bêta, qui était accessible à l’époque avec un mot de passe. L’entreprise avait développé son propre moteur de recherche avec une super techno et une philosophie du produit qui correspondait à ma vision du service, c’est ça qui me faisait croire en liligo lorsque j’ai décidé de sauter le pas.

On est vraiment parti de rien et tout était encore à construire : la marque n’était pas connue, on a rajouté au fur et à mesure des catégories sur le site, puis on a ouvert différents pays. Les premières années on travaillait comme des acharnés nuit et jour, en se parlant sur Skype. En y repensant, ce n’est pas parce qu’on travaillait beaucoup, que nous étions très productifs !

Le site cassait de temps en temps la nuit (lorsqu’on travaillait dessus), heureusement nous n’avions pas beaucoup de visiteurs sur le site à cette époque. Je me souviens aussi de ma copine qui râle pour que je lâche mon ordi et que je vienne m’occuper d’elle.

Au fur et à mesure, nous avons amélioré les process, la façon de tester le site internet, les déploiements. Structurer son activité au fur et à mesure de sa croissance est réellement important.

Tu as des souvenirs de ces premières années ?

Bien entendu ! Je me souviens de la première fois où nous sommes passés à la télé : c’est un ami qui m’a informé par Skype que le site passait sur l’émission Capital sur M6. J’ai voulu regarder si tout se passait bien sur notre comparateur, mais le site souffrait de cette forte montée en traffic. C’était le début de l’apprentissage de l’aventure télé de Liligo, nous sommes maintenant parfaitement prêt à soutenir ces montées en charge par l’amélioration de notre architecture ainsi que l’optimisation du code.

Si je devais recommencer l’aventure actuellement, j’aurais beaucoup plus d’expérience pour mettre en place des process dès le début. Mais bon, dans une startup, on apprend énormément !

Parmi les autres souvenirs marquants, il y a aussi les voyages que nous avons réalisé. Ça permet de souder l’équipe. Le recrutement et le départ d’un salarié sont aussi des faits marquants dans la vie d’une entreprise.

En parlant d’employés, chez Liligo il y a un métier que peu de gens soupçonnent : le Quality Controller. Peux-tu nous expliquer à quoi ça correspond ?

Je pense qu’il y a beaucoup de métiers que les gens ne soupçonnent pas ! Actuellement chez Liligo nous avons entre autre des développeurs backend, frontend, un administrateur serveur, un graphiste, des personnes responsables du marketing, des commerciaux et bien sûr des quality controllers.

Le Quality Controller c’est la personne qui se met à la place de l’internaute et qui vérifie que tout fonctionne bien : est-ce que les prix sont bons ? Les informations affichées correspondent-elles bien à la recherche de l’internaute ? les fonctionnalités sont-elles bien présentes ? Ce métier demande une réelle expertise et est nécessaire pour apporter le meilleur moteur de recherche de vols aux internautes. Cette personne ne travaille pas seule : nous avons des scénarios qui sont écrits mais également des tests qui sont réalisés automatiquement par des robots (lorsque ceux-ci peuvent être automatisés).

En parlant de développeurs, est-ce facile de recruter ?

Recruter un bon développeur a toujours été difficile, car il y a une pénurie de développeurs dans le monde, les bons pourraient aller n’importe où. Et puis, il y a peu de développeurs qui ont l’esprit startup où le travail nécessite une plus grande autonomie et une implication de la personne avec ses collègues (au bureau mais aussi en dehors).

Comment fais-tu pour trouver les bons profils ?

Le bouche à oreilles et le réseau jouent un rôle important pour les recrutements. Il ne faut pas hésiter à investir dans une relation avec des boîtes de recrutement, il est important que les recruteurs comprennent bien l’esprit pour trouver les candidats idéaux. Une fois un recruteur m’a appelé un soir pour me proposer de boire un verre avec un potentiel candidat; il fait désormais partie de l’aventure liligo !

Peux-tu nous en dire un petit peu plus sur le process de recrutement ?

Je réalise un premier entretien avec le candidat pendant lequel on discute ensemble (env 45 mn) : je lui présente liligo, notre culture également et je lui demande de parler de lui. L’idée est de voir si on peut imaginer travailler ensemble, si le courant passe. Je n’embaucherai pas quelqu’un, si je n’ai pas l’envie d’aller boire un verre avec lui. Je vais m’intéresser également à sa façon de travailler : est-ce que le développeur s’informe sur les technos qu’il utilise ?

Après vient la phase des questions techniques pour voir comment le développeur réfléchit, mais je ne peux pas tout dévoiler au risque d’être lu par les futurs candidats.

Dernier point si tout se passe bien : nous réalisons des entretiens avec des personnes de l’équipe liligo et pas forcément que des développeurs. L’idée c’est de passer plusieurs petits entretiens d’une quinzaine de minutes avec d’autres personnes de l’équipe pour plusieurs raisons. Cela nous permet de bien lui faire assimiler la culture de notre entreprise, mais aussi de voir si mes collègues trouvent un intérêt à avoir la personne dans notre entreprise.

Pour finir, quels conseils donnerais-tu à un créateur de startup pour trouver son premier développeur ou pour s’associer avec un profil technique ?

Malheureusement je n’ai pas encore créé d’entreprise, mais je pense que le plus important est de partir avec quelqu’un avec qui on a des affinités et une première expérience de travail en commun. C’est presque un mariage ! Il faut bien se dire que c’est lui qui va recruter le reste de l’équipe technique et la faire évoluer, il faut donc qu’il ait une grande ambition et une forte motivation. Il faut qu’il soit capable de gérer les personnes en plus du code. Trouver un techos qui sait et surtout aime manager, c’est très difficile !

 

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